Camille, onze ans les mains dans les tiges
Je tiens Fleurs de Loire seule, sauf le samedi matin où Inès m'aide à surveiller huit paires de mains et huit sécateurs.
Comment j'en suis arrivée là
J'ai fait des études qui n'avaient rien à voir, puis un CAP fleuriste sur le tard, parce que je ne me voyais pas passer quarante ans derrière un bureau. J'ai ouvert rue de Verdun avec plus de courage que de trésorerie, et j'ai mis trois ans à ne plus avoir peur de la fin du mois.
Je ne suis pas devenue fleuriste pour vendre des roses le 14 février — d'ailleurs ce jour-là, je ferme souvent tôt, épuisée et un peu agacée par les prix qui grimpent partout sauf chez moi.